Extraits littéraires sur le monde de l'école. (rapport avec sujet rubrique Etudiant en lettres, être professeur)

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Extraits littéraires sur le monde de l'école. (rapport avec sujet rubrique Etudiant en lettres, être professeur)

Message  usdina le Mer 28 Sep - 13:30

TEXTE 1:

François Bégaudeau, Entre les murs : ( http://professeurs.files.wordpress.com/2008/09/entre-les-murs.pdf : Descriptif intéressant et du livre, et du film)





“" Ne rien dire, ne pas s'envoler dans le commentaire, rester à la confluence du savoir et de l'ignorance, au pied du mur. Montrer comment c'est, comment ça se passe, comment ça marche, comment ça ne marche pas. Diviser les discours par des faits, les idées par des gestes. Juste documenter la quotidienneté laborieuse. "

"" - T'façon tout le collège est au courant.
- Au courant de quoi ?
- Que vous nous avez insultées de pétasses.
Je criais à voix basse, dents serrées.
- Je vous ai pas traitées de pétasses, j'ai dit qu'à un moment donné, vous aviez eu une attitude de pétasses, si tu comprends pas ça la différence t'es complètement à la rue ma pauvre.
- Vous savez c'est quoi une pétasse ?
-Oui je sais c'est quoi une pétasse et alors ?
La question se pose pas puisque je vous ai pas insultées de pétasses.
- Pour moi une pétasse je suis désolée mais c'est une prostituée.
- Mais c'est pas du tout ça une pétasse.
- C'est quoi alors ?

Mon haut débit s'est un peu enrayé.

- Une pétasse c'est... c'est... c'est une fille pas maligne qui ricane bêtement. Et vous à un moment, vous avez eu une attitude de pétasses. Quand vous vous êtes esclaffées, c'était comme des pétasses.
- Pour moi c'est pas ça, pour moi une pétasse c'est une prostituée.

Elle a pris à témoin le cercle de filles qui béates me regardaient postillonner depuis 5 minutes.
Toutes ont acquiescé. J'ai pivoté sur place pour m'engouffrer dans l'escalier. Tout de suite mes yeux ont piqué."

QUESTION : Que vous évoque ces extraits sur le métier d'enseignant et du milieu de l'école?


TEXTE 2 : Montaigne, Les essais, extrait sur l'éducation (pardonnez moi c'est en français de l'époque, pour ceux qui n'étudient pas le français ça risque d'être costaud)





"A un enfant de maison, qui recherche les lettres, non pour le gaing (car une fin si abjecte, est indigne de la grace et faveur des Muses, et puis elle regarde et depend d’autruy) ny tant pour les commoditez externes, que pour les sienes propres, et pour s’en enrichir et parer au dedans, ayant plustost envie d’en reussir habil’homme, qu’homme sçavant, je voudrois aussi qu’on fust soigneux de luy choisir un conducteur, qui eust plustost la teste bien faicte, que bien pleine : et qu’on y requist tous les deux, mais plus les moeurs et l’entendement que la science : et qu’il se conduisist en sa charge d’une nouvelle maniere.
On ne cesse de criailler à nos oreilles, comme qui verseroit dans un antonnoir ; et nostre charge ce n’est que redire ce qu’on nous a dit. Je voudrois qu’il corrigeast cette partie ; et que de belle arrivee, selon la portee de l’ame, qu’il a en main, il commençast à la mettre sur la montre, luy faisant gouster les choses, les choisir, et discerner d’elle mesme. Quelquefois luy ouvrent le chemin, quelquefois le luy laissent ouvrir. Je ne veux pas qu’il invente, et parle seul : je veux qu’il escoute son disciple parler à son tour. Socrates, et depuis Arcesilaus, faisoient premierement parler leurs disciples, et puis ils parloient à eux. […] Il est bon qu’il le face trotter devant luy, pour juger de son train : et juger jusques à quel point il se doibt ravaller, pour s’accommoder à sa force. A faute de cette proportion, nous gastons tout. Et de la sçavoir choisir, et s’y conduire bien mesurément, c’est une des plus ardues besongnes que je sache : Et est l’effect d’une haute ame et bien forte, sçavoir condescendre à ses allures pueriles, et les guider. Je marche plus ferme et plus seur, à mont qu’à val.
Qu’il ne luy demande pas seulement compte des mots de sa leçon, mais du sens et de la substance. Et qu’il juge du profit qu’il aura fait, non par le tesmoignage de sa memoire, mais de sa vie. Que ce qu’il viendra d’apprendre, il le luy face mettre en cent visages, et accommoder à autant de divers subjets, pour voir s’il l’a encore bien pris et bien faict sien, prenant l’instruction à son progrez, des pædagogismes de Platon. C’est tesmoignage de crudité et indigestion que de regorger la viande comme on l’a avallee : l’estomach n’a pas faict son operation, s’il n’a faict changer la façon et la forme, à ce qu’on luy avoit donné à cuire. [...]
Qu’il sache, qu’il sçait, au moins. Il faut qu’il imboive leurs humeurs, non qu’il apprenne leurs preceptes : Et qu’il oublie hardiment s’il veut, d’où il les tient, mais qu’il se les sache approprier. La verité et la raison sont communes à un chacun, et ne sont non plus à qui les a dites premierement, qu’à qui les dit apres. Ce n’est non plus selon Platon, que selon moy : puis que luy et moy l’entendons et voyons de mesme. Les abeilles pillotent deçà delà les fleurs, mais elles en font apres le miel, qui est tout leur ; ce n’est plus thin, ny marjolaine : Ainsi les pieces empruntees d’autruy, il les transformera et confondra, pour en faire un ouvrage tout sien : à sçavoir son jugement, son institution, son travail et estude ne vise qu’à le former. […]
Le guain de nostre estude, c’est en estre devenu meilleur et plus sage."


Question: Qu'apportent l'éducation et l'instruction à l'enfant ?


Texte 3 : Daniel Pennac, Chagrin d'Ecole. [http://babiline.free.fr/wp-content/uploads/pennac_daniel_chagrin_decole.pdf ]





Extrait 1 : « Les maux de grammaire se soignent par la grammaire, les fautes d'orthographe par l'exercice de l'orthographe, la peur de lire par la lecture, celle de ne pas comprendre par l'immersion dans le texte, et l'habitude de ne pas réfléchir par le calme renfort d'une raison strictement limitée à l'objet qui nous occupe, ici, maintenant, dans cette classe, pendant cette heure de cours, tant que nous y sommes.
[...]
La conviction m'est restée qu'il fallait parler aux élèves le seul langage de la matière que je leur enseignais. Peur de la grammaire ? Faisons de la grammaire. Pas d'appétit pour la littérature ? Lisons ! Car, aussi étrange que cela puisse vous paraître, ô nos élèves, vous êtes pétris des matières que nous vous enseignons. Vous êtes la matière même de toutes nos matières. Malheureux à l'école ? Peut-être. Chahutés par la vie ? Certains, oui. Mais à mes yeux, faits de mots, tous autant que vous êtes, tissés de grammaire, remplis de discours, même les plus silencieux ou les moins armés en vocabulaire, hantés par vos représentations du monde, pleins de littérature en somme, chacun d'entre vous, je vous prie de me croire. »
D. Pennac, Chagrin d'école, pp. 124-126.

"Bien entendu se pose la question de la cause originelle. D'où venait ma cancrerie ? Enfant de bourgeoisie d'État, issu d'une famille aimante, sans conflit, entouré d'adultes
responsables qui m'aidaient à faire mes devoirs... Père polytechnicien, mère au foyer, pas de divorce, pas d'alcooliques, pas de caractériels, pas de tares héréditaires,
trois frères bacheliers (des matheux, bientôt deux ingénieurs et un officier), rythme familial régulier, nourriture saine, bibliothèque à la maison, culture ambiante conforme au milieu et à l'époque (père et mère nés avant 1914) : peinture jusqu'aux impressionnistes, poésie jusqu'à
Mallarmé, musique jusqu'à Debussy, romans russes, l'inévitable période Teilhard de Chardin, Joyce et Cioran pour toute audace... Propos de table calmes, rieurs et cultivés. Et pourtant, un cancre."

Question : Etiez vous plutôt cancre ou bon élève en classe? Selon vous sur quoi cela reposait il ?





usdina

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