Rien n'est perdu, les écorchés.

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Rien n'est perdu, les écorchés.

Message  emyline le Ven 30 Sep - 9:27

Vu qu'il semblerait que la curiosité soit au rendez-vous, je vais poster ici les premiers jets des chapitres de mon roman (étant donné qu'ils seront rallongés pour la tentative d'édition plus tard, bref.) L'histoire est actuellement postée sur skyrock.

Donc, pour ceux qui ne me connaissent pas, voici Les Ecorchés.


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Chapitre 1. Folie et cris.

Date inconnue – heure inconnue – Lieu inconnu.

_____Elle voudrait ne plus entendre ces cris autour d'elle. Ces cris dans sa tête. Mais elle ne peut les arrêter. Est-ce elle qui les imagine ? Possible. Elle fixe le mur. Cherchant à garder son emprise sur ses nerfs. Pour s'empêcher de hurler, de douleur et de peur. Elle est enfermée pour cette raison. Folle. Elle ne l'est pourtant pas. Ou c'est ce qu'elle pense savoir. Qui est-elle pour contredire les médecins...

Si tu tombes, je te rattraperai.

_____Qui la rattrapera dans sa chute ? Elle est seule face au monde, aux regards. Que faire quand l'on vous a d'ores et déjà classé dans une catégorie ? Comment en ressortir ?
Privée de lumière, privée d'espoir. Privée de rêves et privée de liberté. Elle a cessé de croire. Cessé de croire qu'elle pourrait s'en sortir, qu'elle pourrait retrouver la lumière.
Et cette voix. Cette voix qu'elle entend sans cesse. Qui murmure, hurle et s'époumone dans son esprit. Est-elle donc vraiment malade ? Serait-ce possible ? Elle n'y croit pas. Elle ne veut pas y croire. Cet espoir, dernier espoir, qu'il se pourrait qu'il lui reste un soupçon de lucidité la fait s'accrocher. Elle s'accroche, espère, et pleure de se voir déçue.


Oser l'utopie jusqu'au bout.


_____Ça existe un monde parfait ? Elle en doute. 18 ans qu'elle existe. 18 ans qu'elle cherche. 18 ans qu'elle échoue. 18 ans qu'elle vit. Qu'elle survit plutôt. Sa naissance fut la première épreuve qu'elle dû affronter. Née prématurée et morte pendant 30 secondes. Née avec les ombres, tu retournes avec tes ombres. Et elle vit dans une cage sans barreaux, perdue dans un monde qu'elle ne comprend pas et qui ne la comprend pas.
Ses rêves sont peuplés de cris et de sanglots, de peur et d'horreur. Son univers n'est pas pour les âmes sensibles, peuplé de fantômes, difficile de rester lucide à l'intérieur. Il vient un temps où tu passes dans la noirceur. Et tel Alice, tu tombes dans un puits sans fond, mais sans retour possible. Les créatures des ombres t'accueillent et te retiennent. A jamais ?


** **

_____J'ai peur. Tout est discordant. Les sons, les couleurs, mes pensées. Rien n'est normal. Où suis-je ? Non. Ce n'est pas important. Qui suis-je ? La bonne question. Quel est mon nom. Je devrais m'en rappeler non ?

_____Pourquoi rien ne me revient ? Je ne pense pas être amnésique. Non. Tout est juste confus. Je suis...dans une chambre. Il fait sombre. Reflet de ma vie entière. Mon corps se plie sous la douleur transperçant mon estomac. Le souffle court. La douleur. Encore. Je ne suis plus qu'une ombre, un ectoplasme. Translucide, immatériel. Le vent pourrait m'emporter, me disperser. La colère me prend, brûlant mes entrailles. J'ai fait quelque chose de mal. A ce qu'ils disent. Mais quoi ? Comment savoir quand on a la censure comme décor ? Ils me détruisent littéralement parce que je n'entre pas dans la catégorie qu'ils m'ont attribuée. Les cris. Encore. Discours décousu, pensées instables. Esprit dérangé d'une fille hors normes. Moi. Je les entends. Eux. Ces hommes qui se disent scientifiques. « Rien n'est perdu ». Rien. A part moi. Ma santé mentale peut être. Mentalité torturée. Folle ils disent. Possible. Mais la faute à qui ?

_____Mais je ne les laisserai pas faire. Ils ne me façonneront pas à l'image qu'ils veulent. Je refuse de ne pas être moi. Des pas. Quelqu'un approche. Je ne veux pas que l'on me touche. Que l'on me voit. Je préfère encore rester à jamais dans le noir. Je suis bien là. Je ne vois pas leurs regards haineux, concupiscents, moqueurs, dégoutés. Comprendront-ils jamais que je suis quelqu'un de normal ?

_____Puisant dans le peu de forces qu'il me reste, je me lève et me poste devant la fenêtre. Ô combien j'aimerai que les volets soient ouverts...Je voudrais tellement voir l'extérieur...La lumière me manque. Je voudrais l'apercevoir un instant, quitte à devoir supporter toutes les horreurs qui ont fait de moi une « créature » de l'obscurité. Les couleurs me manquent. L'air me manque. J'ignore quel jour nous sommes. J'ignore en quelle saison nous sommes. Je ne sais rien. Prisonnière de ces murs qui se resserrent autour de moi, j'étouffe lentement.

_____J'ai rêvé ces pas. Je ne sais pas ce que j'ai cru. Que quelqu'un viendrait me voir ? Que j'apercevrais un rayon de lumière artificielle dans le dos de cette personne, quelle qu'elle soit ? Bien sûr que non. Cela fait bien longtemps que personne n'est venu me voir. Longtemps que personne ne s'est intéressé à mon cas. Je les déçois il paraît. Je ne corresponds pas à leurs attentes. Alors ils me cloîtrent. Leur diagnostic ? Folie, psychopathe. Dangereuse pour elle-même mais surtout pour les autres. Tu parles. Pour les autres c'est certain, mais surtout pour ceux qui ont fait de moi ce que je suis maintenant. Un être anonyme, transparent.

_____Et le pire, c'est que je ne dois pas être la seule dans ce cas. Non. Je ne suis pas la seule a qui ont a violemment brisé l'esprit. Nos esprits qu'ils dévorent. J'aurai aimé savoir comment ces autres s'en sortent. Savoir s'ils ont trouvé un moyen de résister. Dans un sens, nous sommes tous liés dans notre désespoir et notre douleur. Même si nous ne nous connaissons pas. Frères et Sœurs dans l'Horreur...

_____Je dois me souvenir de mon nom. Il le faut. Je refuse d'être un fantôme anonyme. Quel est mon nom ? J'ai survécu en sacrifiant mes sentiments, mais pas mon identité. Pourquoi je ne peux m'en souvenir ? Il est composé. D'où me vient cette certitude ? Je l'ignore. Mais je sais qu'il est double, tout comme les couples vont par deux.

_____Ma lucidité et ma santé mentale se maintiendront pendant encore un moment si je parviens à m'en souvenir. Est-ce si compliqué ? Je suis certaine que non. Ils ne peuvent pas m'avoir autant brisée, n'est-ce pas ? Alors où donc a disparu ce nom ? Mon esprit est un tel néant...Et pourtant, je suis capable de m'en sortir. Ma volonté, ils ne l'ont pas encore éteinte. Affleurant la surface, elle se dissimule à ces sourires hideux. Elle se cache, se déguise, affute sa lame pour trancher mes liens.

_____Fait un effort, toi l'anonyme. Je me souviens d'un détail. En plus d'être composé, mon prénom franchi la barrière de la singularité. Composé et hors du commun. Voilà comment est mon nom. Ma tête prise en étaux entre mes deux poings serrés, je crispe les paupières et fouille dans mon esprit, à m'en donné la migraine. Peine perdue. Suis-je condamnée à errer sans identité ? Il semblerait que je n'ai pas le choix.

_____Leurs pas résonnent encore dans les couloirs. Que font-ils donc ? Les cris suivent leur avancée. Beaucoup plus de cris que je ne l'aurais pensé. Sommes-nous donc si nombreux à endurer ce calvaire ? Par moment, j'aimerais pouvoir voir ces différentes personnes. Mais ensuite, la peur reprend le dessus. Je suis inconstante pourrait-on dire. Mais ça n'a pas d'importance. Strictement aucune.

_____Au-delà de ces cloisons de béton, j'en ai entendu certains. Des mensonges. Simplement pour obtenir leur liberté. Je ne m'abaisserai pas à ça. Même si je dois mourir en cette prison. Je ne veux pas leur donner l'impression d'une victoire de plus sur l'esprit humain.

_____J'ai froid dans cette pièce. Âme frigorifiée que je suis. Évidemment, ce n'est pas nouveau. Ils veulent nous briser totalement. Un contrôle complet sur nos êtres. Tu es frigorifié lorsque ton cœur n'est pas ouvert... brisé que tu es.

_____Et les murmures m'environnant me font divaguer. Existent-ils ? Ou ne sont-ils qu'hallucination ? Ces voix ont eu raison de ma lucidité. Tout est absurde depuis. Décousu, mes discours. Rien n'a de sens. De ma faute ? Je n'en suis pas certaine. Plutôt une accumulation de causes diverses.

_____Des noms me viennent en tête. Mais lequel est le bon ? Comment savoir ? Je ne sais pas ce que je dois croire. Je ne sais plus distinguer le vrai du faux. Je dois pourtant m'y efforcer. Retrouver celle que j'étais avant...Avant tout ça. Espérer que ma personne ne s'est pas éteinte, dans un brouillard d'incertitudes. Dans un maelström de doutes et de craintes. Je dérive. Et, malgré tout ce que je peux bien faire, je me vois m'éteindre au fil du temps. Ce traître.

« Carlea...Reprends-toi...Tu es une fille forte... »

_____Quoi ?! Un sursaut me prend. D'où vient cette voix ? Ai-je l'esprit plus détraqué que je ne le croyais ? Et Carlea...Qui est-ce ? « Carlea...Tu le sais... » Mais oui ! C'est ça ! Bien évidemment que je le sais. C'est moi. Et enfermée dans cet espace dénué de toute vie, je cours à ma perte, mes démons me guettent. Moi. Carly-Elea, alias Carlea...
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Re: Rien n'est perdu, les écorchés.

Message  Infected Mind le Ven 30 Sep - 10:27

Tres bien écrit Smile
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Re: Rien n'est perdu, les écorchés.

Message  emyline le Ven 30 Sep - 10:29

Merci Smile
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Re: Rien n'est perdu, les écorchés.

Message  emyline le Ven 30 Sep - 19:33

Et voici donc le deuxième chapitre.

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Chapitre 2. Continuelle incertitude.


_____Les cris m'assaillent de nouveau. Il n'y a aucun répit en ce lieu. D'ailleurs, je pense qu'il est temps de vous décrire mon « lieu de résidence », si tant est que l'on puisse appeler ainsi un tel endroit. Oh, il n'y a pas grand-chose à dire non plus. Sombre, nauséabond, petit, sale. Un lit déglingué sur lequel je passe mes journées assise. Une minuscule fenêtre aux volets fermés et agrémentée de barreaux. Un ridicule lavabo dans le coin de la pièce, en mauvais état et dont l'eau est plutôt marron qu'autre chose. Un drap, rêche et miteux, avec lequel j'essaye vainement de pallier au froid qui m'environne.

_____Voilà, en quelques mots, mon environnement. Je crois me souvenir que, hors de cette pièce, de l'autre côté de la porte, il y a un couloir. Un long couloir, sinistre et tortueux, donnant sur un nombre incalculable de cellules semblable à la mienne. Non. Je ne suis pas seule.

_____La question que je me pose c'est : quelle peut être l'utilité d'un tel endroit ? Pourquoi sommes-nous enfermés ici ? Parce que, à part me laisser cloitrée ici sans visites et très peu de nourriture, ces types ne m'ont rien fait. Mais...Ce n'est peut-être pas le cas de tout le monde maintenant que j'y pense. J'ai lu beaucoup de livres, et certains traitaient de la torture psychologique. Pour ce que ça me sert...Bref, c'est peut-être ce qu'ils font. Ils attendent que l'esprit soit brisé pour passer à l'étape suivante. Car il est certain que l'esprit de n'importe qui se détériore dans de telles conditions.

_____Je ne veux pas me laisser faire. Pourquoi le faudrait-il d'ailleurs ? Rien ne m'y oblige, tant que j'ai la force de résister. Mais comment le savoir ? Tout est incertitude.
Un bruit attire mon oreille. Dehors. Qu'est-ce que c'est ? Du vent ? De la pluie ? J'ai au moins la certitude que ma fenêtre ne donne pas sur l'extérieur. Mais alors, à quoi peut-elle bien servir ? Il y aurait donc une pièce derrière ce volet, puis l'extérieur, la liberté. Oh, ne croyez pas que je cherche à m'évader. J'en serais incapable. Pas que je souhaite rester ici, mais l'évasion est au-dessus de mes forces. Et puis, je ne saurais pas comment m'y prendre. Alors non, je me résigne et persiste.

_____Un soupir. Je secoue la tête. Non, je ne dois pas me laisser abattre, j'ai encore un espoir. Il y a toujours un espoir, n'est-ce pas ? Oh seigneur, si seulement quelqu'un pouvait me répondre. Si seulement je n'étais pas seule dans cette pièce. Je supplie en vain. De toute façon, personne ne peut m'entendre. J'ai l'impression que les murs sont vraiment épais, et que seuls les cris peuvent se faire percevoir. Les hurlements, à travers le silence et la nuit, me transpercent le cœur de leur détresse poignante.

_____Maintenant que j'y repense, d'où venait la voix qui m'a rendue mon identité ? Suis-je réellement devenue dingue ? L'ai-je imaginé ? N'était ce que mon inconscient qui se manifestait ? Aucune idée. Après tout, comment distinguer le vrai du faux ici ? Et de toute façon, qu'est-ce que cela changera que je sache la réponse. Rien ni personne ne peux m'aider.

_____Encore et toujours des frissons me parcourent. Il fait si froid. Cherchent-ils à me tuer en fin de compte ? Un bâillement m'échappe. L'ennui de mes journées apporte le sommeil. Il faut que je dorme. Je ne sais pas quelle heure il est, mais, endormie, je ne vois pas la journée passer. Si seulement je pouvais mourir dans mon sommeil...J'en aurai enfin terminé avec tout ça. Je serais enfin libre. Quoique...comment savoir s'il y a une vie après la mort ?

_____Mais en ce lieu, mon sommeil est loin d'être paisible. C'est toujours le même rêve. Ou cauchemar. Une pièce circulaire aux murs délabrés, agrémentés de nombreuses portes toutes verrouillées. Sol et plafond en damier noir et blanc. Et un lustre aux innombrables bougies. Éteintes. A demi-fondues. Flash. Des arbres morts dans une lande désolée couverte de brume par un temps gris, maussade. Annonciateur de malheurs. Les ruines d'un château sur un échiquier gigantesque.
__________________Les Terres du Néant.

_____Ces terres. J'ai l'intime conviction de les connaitre. Sans y être jamais aller autrement que dans mes songes. Où est la logique là-dedans ?
Tout est tellement confus. J'en ai même fini par oublier ma vie d'avant. Avant cette prison. Avais-je une famille ? Des amis ? Quel était ma personnalité ? Est-ce que je suivais des études ? Ou bien avais-je un travail ?
Rien. Rien ne me revient. C'est comme si j'avais un immense trou noir à la place de la mémoire. C'est mauvais signe. Leur emprise s'étend. Leur toile se tisse dans mon esprit. Et tout s'écroule, se brise en conséquence. Toute cette histoire aura une fin tragique. Je le sais. Je le sens. Mais pour qui ? Là est la question. Et...pourquoi ? Quelle est la raison de tout cela ? Je ne vois pas.

_____Pourquoi ces gens ne s'intéressent-ils pas à moi ? Ils m'ont enfermé, et je ne leur serais d'aucune utilité ? N'importe quoi. Alors quoi ? Ils me gardent mais ne me font rien ? Je ne suis qu'une décoration pour la pièce ?
Je deviens vraiment cinglée. J'ai la « chance » de ne pas subir ce qu'ils font aux autres, et je me plains tout de même. Insensé.

_____Oh et puis, peu importe. Quitte à perdre la raison, autant la perdre totalement, et pas seulement en partie. De toute façon, je ne serais jamais libérée, alors quel intérêt ?

_____Il y a de nouveau du mouvement dans les couloirs. Que se passe-t-il ? Ils déplacent des gens ?! C'est incroyable. Y-aurait-il de nouveaux compagnons d'infortunes ? Ou bien...Changent-ils des camarades de pièce ? Mais si cette dernière option est la bonne, quelle peut bien être la finalité d'une telle entreprise ? Parce que, une cellule ou une autre, il ne doit pas y avoir beaucoup de différence. Enfin, je pense.
En y réfléchissant, peut-être que si finalement. Comme autant de chambre de torture différentes. Et moi, je suis dans la mentale. Chambre d'anonyme démuni. Chambre annonçant la fin. Fin d'une vie, fin d'un esprit, fin de tout, pour moi.

_____Et, s'il y a de nouveaux pensionnaires, alors peut-être vais-je avoir de la compagnie. Mais j'ignore si c'est une bonne ou mauvaise chose. Enfin...il est inutile de se faire des plans sur la comète. Je peux être dans l'erreur sur toute la ligne.

_____Et si je tentais de me souvenir de ma vie d'avant ? Peut-être que quelque chose me reviendra. Peut-être que la voix reviendra. Alors...que puis-je tenter de ramener à la surface ? Quelque chose d'ancien, avec lequel j'aurai vécu...Ma famille par exemple. En ai-je une ? Si c'est le cas, je me demande pourquoi personne ne m'a cherché. Depuis le temps...Allez, réfléchi Carly. Tu en es capable. Une famille...
Je clos mes paupières et les crispe. Tentant de faire remonter une quelconque image. Mais c'est si ardu. Je ne sais par où commencer. Je ne sais comment procéder.

« Pense à une fête Carlea...Il y a toujours quelqu'un à une fête... »


_____La revoilà. Cette voix. Je dois l'écouter. Elle a probablement plus que raison. Une fête ? Telle que...Noël par exemple ? Oui, c'est une idée. Je tente de visualiser un sapin décoré, des illuminations dans une maison...Un son...Une odeur...Un aboiement ?! Je rouvre brusquement les yeux. Et devant moi se déroule une scène improbable. Une pièce d'une maison en ruine, le bois noirci et gorgé d'eau. Et un chien. Blanc. Est-ce un labrador ? Je le crois. Et...il y a autre chose...Devant les restes d'une armoire. Ou plutôt, sur la porte de l'armoire. Une image, floue, translucide d'un garçon caressant le chien, image telle un fantôme. Ce garçon est brun, il me semble grand. Comment juger...Et surtout, il a l'air heureux. Il sourit.
Mais le chien...le « réel » et le « fantôme »...Ce sont les même. Fantôme du passé, présent du désespoir. Où est donc le garçon ? Pourquoi a-t-il laissé son chien ? Et, est-ce que je le connais ?
Tout s'efface. Non ! Je veux continuer à voir de la vie, même si ce n'est pas réel. Je ne veux pas retourner à ma réalité !
Trop tard...Un maigre espoir nait dans mon cœur, dans mon corps. J'avais oublié qu'il y avait encore des gens libres hors de ces murs. Et peut-être le serais-je de nouveau un jour. Même s'il y a peu de chances.

_____De plus, j'ai érigé de solides murailles autour de mon esprit. J'ai éradiqué la moindre émotion en moi. J'ai gelé mon cœur. Je ne suis plus qu'une enveloppe vide que l'on a dépouillée de son existence. Carly-Elea n'existe plus. Elle n'est plus qu'un pantin, une ombre sans passé, sans avenir. Sans vie.
Alors que faire ? Comment résister ? Survivre ? Sans âme, rien n'est possible. Nothing. Nada. Niente. Il n'y a qu'un désert aride, un espace de néant.

_____Mon cœur rata un battement et une suée froide dévala mon dos à l'entente d'une atroce et stridente sonnerie. Qu'est-ce encore que ça ? Je suis certaine de l'avoir déjà entendu par le passé. Comment oublié un tel son ? Oui, je l'ai entendu, durant mes premiers jours ici. Mais que signifiait-elle ? Je ne me souviens plus...
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